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Depuis le début de l’année, les marchés de l’énergie observent de près les décisions politiques des grandes puissances. Aux États-Unis, le retour en force de Donald Trump sur la scène politique et économique s’accompagne d’un net virage en faveur des énergies fossiles. Et cela pourrait bien impacter directement le prix du gaz naturel… notamment en Europe.

Trump relance la production et l’exportation de gaz américain

Fidèle à son positionnement de « dominance énergétique », Donald Trump multiplie les annonces favorables à l’exploitation du gaz et du pétrole, cliquez ici pour en savoir plus sur le trading du gaz naturel. Il a récemment validé de nouveaux projets de forage en Alaska et facilité l’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) américain vers l’Europe. Son objectif est clair : renforcer la place des États-Unis comme fournisseur incontournable sur le marché mondial de l’énergie.

Une stratégie énergétique américaine fondée sur l’abondance

Depuis le début de l’année 2025, Donald Trump renforce son discours autour de l’indépendance énergétique américaine. Plusieurs mesures concrètes ont été prises :

  • Relance de l’exploitation en Alaska, y compris dans des zones jusqu’ici protégées, afin de maximiser les capacités de production nationale.
  • Soutien renforcé au gaz naturel liquéfié (GNL), avec l’extension des capacités d’exportation depuis les terminaux américains.
  • Engagement public de fournir du GNL à l’Europe, notamment dans un contexte post-crise énergétique lié à la guerre en Ukraine.

Ces décisions reposent sur une vision offensive : redevenir un fournisseur majeur à l’échelle mondiale, en misant sur l’attractivité des volumes américains à prix compétitif.

Une offre en hausse, un marché mondial sous tension

L’augmentation de l’offre de gaz américain vient perturber un marché encore instable. Après les tensions de 2022-2023, l’Europe a multiplié les contrats d’importation de GNL pour remplacer le gaz russe. Les États-Unis sont devenus le premier fournisseur de GNL vers l’Europe.

L’arrivée de volumes supplémentaires accentue la pression sur les prix spot et contribue à modérer les anticipations à moyen terme. Allianz Trade estime ainsi une baisse potentielle de 15 % des prix du gaz en Europe dans les cinq prochaines années, en partie grâce à cette dynamique.

La disponibilité accrue de GNL favorise également la constitution de stocks plus tôt dans l’année, ce qui renforce la résilience des pays européens face aux pics hivernaux.

Et en France ? Un contraste temporaire

En France, la situation reste plus nuancée. En avril 2025, le prix repère moyen de vente de gaz a encore augmenté, atteignant 150,70 €/MWh TTC selon la Commission de Régulation de l’Énergie. Cette hausse s’explique par des coûts d’approvisionnement encore élevés et une fiscalité spécifique.

Mais les projections laissent entrevoir un retournement rapide. Le site Selectra annonce une baisse spectaculaire du prix du kWh de gaz entre avril et mai 2025, de l’ordre de -47 %. Si cette tendance se confirme, elle pourrait alléger considérablement la facture énergétique des ménages français dans les mois à venir.

Une évolution à surveiller de près

La politique américaine sous Trump, en particulier autour du gaz naturel, redessine les équilibres énergétiques mondiaux. Elle place l’Europe face à de nouvelles opportunités d’approvisionnement, mais aussi à de nouvelles dépendances. Si la baisse des prix est une bonne nouvelle à court terme pour les consommateurs, elle soulève aussi des questions de souveraineté énergétique et d’engagements climatiques.

À suivre de près, donc, car le gaz naturel est loin d’avoir dit son dernier mot dans le grand jeu géopolitique de l’énergie.